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GENEALOGIE ILINSKI (Lis) Comte

(Extraits)

Voir nos livres sur la noblesse polonaise
Voir un armorial de la noblesse polonaise (en couleur)

"NOTICES SUR LES FAMILLES NOBLES DE LA POLOGNE", du Comte Seweryn Uruski, réédition de l'ouvrage de 1862.
325 pages, dont 3 planches de blasons en couleur, 15 x 22 cm, 59 €
NOTICES SUR LES FAMILLES NOBLES DE LA POLOGNE de Seweryn, comte Uruski Nombreuses sont les familles d'origines polonaises, habituées en France, et considérablement gênées par l'obstacle de la langue. Pour pallier cela, l'ouvrage que nous rééditons a le mérite d'avoir été écrit en français, langue internationale par excellence, à une époque ou la Pologne n'existait plus en tant que nation. (herbarz, armorial en fin d'ouvrage)
Pour toutes les familles nobles ou titrées (Prince, Comte, Baron…) une notice très développée est donnée, retraçant l'historique de la famille, donnant l'origine et la date d'octroi (éventuel) des titres, les armoiries, et nombres d'informations qui combleront autant le généalogiste que l'historien…
"KRONIKA, Polskich rodow szlacheckich Podola, wolynia i ukrainy, Tom I" de Kazimizez Pulaski
Ref KRO1, 2005, 2 vol. 21 x 29,7, 262 p., 60 €
EN POLONAIS - Contient (entre autres) une genealogie de la famille ILINSKI.




* * * * *

De noblesse immémoriale, les Comtes Ilinski sont cités pour la première fois, sous la date de 1378, dans l'ouvrage de Stadnicki ; preuves de noblesse à Kiev, Lwow, Varsovie et Jitomir (Zytomierz).
Illustrations : 4 chevaliers de l'Aigle Blanc, 1 de Saint-André de Russie et 2 chevaliers de Malte.
(Simon Konarski, in "Armorial de la noblesse polonaise titrée")

(Les éléments de genealogie qui suivent commencent à la dixième génération)

A) Franciszek ILINSKI, tué par les cosaques en 1670.

B) Michal ILINSKI, tué par les cosaques en 1670.

C) Alexander ILINSKI, dont le sort n'est pas connu. Il fut probablement dans sa jeunesse (1629) l'écrivain du tribunal de Jitomir.

D) Piotr Stanislaw ILINSKI, burgrave de Lucki, Il signa un accord avec le voïvode de Czerniechow en 1674 et fut nommé Wojski de Czerniechow en 1685, décédé le 19 novembre 1691, il épousa en 1667 Zofia SKARBEK, bl. abdank, dont postérité qui suit. En 1692 ils attaquèrent en justice la famille KURDWANOWSKI en les accusant de ne pas avoir respecté les résolutions d'un accord conclu avec leur père.

E) Franciska ILINSKA

F) Anna ILINSKA, mariée en 1705 à Krzysztof MAGNUSZEWSKI.

G) Petronella ILINSKA, épousa Piotr Dominik RUSZCZYC, bl. Lis.

H) Maryanna ILINSKA, mariée en 1669 avec Eustachy Mokosiej RAKOWIECKI, bl. Wukry.


(onzième génération)

A) Kazimierz ILINSKI, né en 1701, décédé en 1756, auteur de la branche sénatoriale, qui suit, épousa en premières noces Rozalia ZIELINSKA, bl. Swinka, qui mourut en 1729 sans progéniture ; il se remaria en 1730 avec Anna SZUSZCZEWICZ, bl. Chrowicz, décédée en 1784, d'une famille noble de Volhynie, fille de Jan et de Maryanna ZARUCKA; la valeur de sa dot se chiffrait à 10.000 zlotys polonais; dans son testament Kazimierz lui laissa 80.000 zlotys polonais. En 1718, il fut staroste de Nizyn, ensuite en 1722 il devint Wojski de Kiev et un an plus tard colonel de l'armée de la couronne. Il reprocha au trésor de la couronne de ne pas tenir la promesse, s'élevant à 231.156 florins, faite par le parlement polonais en 1717 au sujet du remboursement des frais d'entretien de la forteresse de Biala Cerkiew; il fallu attendre jusqu'en 1768 pour que cet argent soit encaissé par son fils suite à un décret d'une commission du trésor de la république polonaise. Il avait dépensé 170.000 zlotys en créant sa propre garnison. Il fut député de Kiev à la diète de Varsovie en 1722. Il reçut l'usufruit de la propriété de Listwin de la part du Prince SANGUSKO en remerciement pour de nombreux services. En 1741, avec sa femme, ils achetèrent à Skorupko la propriété de Kurne dans la voïvodie de Kiev. Huit ans plus tard ils firent une nouvelle acquisition : Czeremosza et Smolany vendus par Gostynski pour la somme de 90.000 florins. En 1749 il reçut l'accord du Roi pour transmettre la starostie de Nizyn à son fils Jan Benedykt. En 1754 il accusa Trzeciak de s'être emparé secrètement de la mairie de Kiev.

B) Alexander ILINSKI, auteur de la Branche cadette, burgrave de Lucki et Wojski de Czerniechow en 1708, signataire de l'élection de Jan SOBIESKI, il épousa Anna KAMIENSKA, bl. Slepowron.(Anna DADZIBOG, bl. Swienczyc ?)

C) Konstancja ILINSKA, épousa en 1723 Jan SZULBORSKI.


BRANCHE AINEE (SENATORIALE)

(douzième génération)

Palais de Romanow (aujourd'hui en Ukraine) A) Comte Jan Kajetan ILINSKI, né le 17 juillet 1731 (son acte de naissance se trouve à Dubna), propriétaire de Romanow, Czeremoczna, Wczorajsze, Terszatkow, Majnicz, Zady, Monasterec, ? sur Dniestrzyk, Swiniusza, Cebrow... Staroste de Jitomir en vertu d'un document signé par le roi en date du 7 juin 1752 et confirmant que Franciszek ROSTWOROWSKI avait abandonné le 23 mars 1753 la starostie au bénéfice d'Ilinski; il le fut jusqu'en 1789. En 1761 il fonda le monastère des bernardins à Jitomir et quatre ans plus tard une juridiction le 18 avril 1765. Les terres de Romanow appartenant aux Ilinski depuis des siècles étaient situées entre des forêts s'étendant vers la Lituanie dans le nord et des terres fertiles avec des villages dans le sud. Jan Kajetan en fit sa résidence pour deux raisons : la proximité de Jitomir et des grandes forêts au gibier abondant, car comme son frère il était passionné de chasse. Après avoir tué un ours à proximité de Romanow, près de la rivière Lesna, il y fit construire un premier palais de brique avec les ailes au niveau du sol et la partie centrale en étage. Cette résidence devint célèbre pour l'hospitalité de ses hôtes. A coté de Lubar du prince Marcin LUBOMIRSKI, Labun du châtelain STEMPKOWSKI, Krasnopol du porte étendard GIZYCKI, Lowkow du châtelain Stanislaw PRUSZYNSKI, Andruszowka du chambellan Jozef BIERZYNSKI, Trojanow du châtelain WORONICZ et Cudnow du prince Adam PONINSKI, Romanow fut une des premières maisons de Volhynie. En 1764, durant l'interrègne, on confia à Ilinski la tache de rédiger les arrangements entre la république polonaise et le futur souverain. Il participa aussi à la réunion des ministres des pays limitrophes au sujet de la sécurité intérieure de la Pologne ; au cours de la même année, le 6 septembre 1764, il signa l'élection du roi Stanislas August. Après le premier partage de la Pologne en tant que propriétaire foncier en Galicie, il obtint auprès de l'impératrice Marie Thérèse le titre de Comte de l'empire romain en date du 2 juin 1779, enregistré ensuite à Lwow le 16 août 1780. En 1766 il signa un accord avec le voïvode de Kiev. Député de Kiev. Chevalier des deux ordres nationaux : Saint Stanislas en 1784 et de l'Aigle blanc le 6 juillet 1791. La famille Hanski en 1766 traduisit en justice Jan Kajetan et son frère dans le but d'annuler l'achat de la propriété de Kurne. En 1775 il vendit Czeremoszna à Pinski et en 1788 il acheta Wczorajsze à la famille Wessel. Au cours de la même année 88, il fit ses preuves de noblesses devant le tribunal de Kiev. Il se maria deux fois : en premières noces il épousa Maryanna Josefa WESSEL, bl. Rogala, fille de Staroste, veuve d'Aksak. Il lui offrit 100.000 zlotys polonais au moment du mariage; ils eurent trois fils et deux filles qui suivent; il épousa en secondes noces (Katarzyna BIELINSKA) BRAWNICZOWNA, qui lui donna une troisième fille, Antonina.

B) (Stanislas) Jan Nepomucen ILINSKI, né le 14 mai 1744 (son acte de naissance se trouve à Zaslawy), propriétaire de Kurne avec la résidence de Skarzynce. Il signa l'élection du Roi Stanislas Auguste en 1764. Staroste de Cudnow, en 1764 il signa un accord avec le voïvode de Kiev. Il devint échanson d'Owruce en 1768. Il fut chevalier de l'ordre de Saint Stanislas et le 17 novembre 1794 il fut nommé chevalier de l'ordre de l'Aigle Blanc. D'une silhouette imposante, il fut un représentant modèle de l'époque de Saxe. Selon Duklan OCHOCKI il était tellement grand qu'il ne voyait jamais ses pieds et son ventre pouvait abriter un tonneau hongrois à vin. A Labun, chez le voïvode Stempkowski, il y avait une immense coupe contenant trois bouteilles et son couvercle qui en contenait deux. Jan Nepocumen vidait le couvercle d'un trait et la coupe en deux fois sans être troublé. " A table à dix heures du matin il buvait six bouteilles de vin français, à deux heures de l'après midi et le soir il consommait chaque fois la même quantité s'il n'y avait pas l'occasion de porter un toast et boire plus. Il faut ajouter qu'avant les repas on buvait un quart de litre d'une vodka aussi forte que le "spiritus" pour avoir meilleur appétit. Il buvait beaucoup, non seulement à cause de sa prédilection pour l'alcool, mais aussi à cause de l'époque où il vivait. La chasse était sa deuxième passion. Ces deux inclinations réunirent Jan Nepocumen et le Hetman Ksawery BRANICKI. Selon Duklan Ochocki, leurs terrains de chasse préférés où ils rendaient hommage à Bacchus et Diane étaient Lumbola, une propriété de Branicki, et Kurne appartenant à Ilinski. En 1779, Ilinski invita chez lui Branicki après avoir préparé soigneusement cette visite pendant presque un an. Pour accueillir son invité comme il le méritait, Ilinski prit diverses dispositions : il fit construire des chenils, des écuries, il acheta de meilleurs chiens de chasse, à Gdansk il commanda des dogues danois dits sangsuets, particulièrement habiles dans la poursuite du gibier. Il fit coudre de nouveaux habits pour ses chasseurs. Le voisin d'Ilinski, le prince Kalikst PONINSKI, marié à la princesse Kasprowa LUBOMIRSKA en fit autant pour sa part. Sur ses ordres une maison de trente pièces avec une écurie fut construite. Le Hetman arriva la veille de la fête à Skarsynce et le lendemain une grande revue de chasse fut présentée en son honneur. Tout le monde regarda la cérémonie avec beaucoup d'attention. Sur la place de l'arrière du village on lâcha un ours et les chiens à sa poursuite. Ce furent les sangsuets danois qui l'achevèrent. Ensuite commença la chasse au loup. De retour au palais on servit un rôti de poulain pour le souper. Le lendemain on dégusta les pattes de l'ours. La fête continua à Kurne et Miakolow. Ilinski aurait dépensé 100.000 zlotys pour ces festivités et son voisin, le prince Kalikst PONINSKI, presque la même chose, mais le staroste de Nizyn impressionna beaucoup plus son invité. La noblesse polonaise s'amusait ainsi à la campagne quand le reste du monde observait le deuxième partage de la Pologne s'approchant inévitablement. Il épousa Karolina GIZYCKA, bl. Gozdowa, châtelaine de Wyszogrod, veuve de Kiliane WISLOCKI, bl. sas, fille de Bartlomiej et de Franciszka ROMER, bl. Jelita, de Chyszow. sa dot s'élevait à 50.000 zlotys polonais; ils n'eurent pas d'enfants.

C) Jan Benedykt ILINSKI, fut d'abord courtisan en 1758. Par la suite, en 1759, il devint chambellan et son père lui offrit la starostie de Nizyn, qui après sa mort en 1761, devint la propriété de PODHORODYNKI (?). Il ne laissa pas d'enfant.

D) Maryanna (alias Marya) ILINSKA, devait épouser Ignacy PODHORECKI, mais leur mariage ne se réalisa pas; le 14 mars 1766 elle épousa le staroste de Skaly : le Comte Szymon TARLO, bl. Topor, de Szczekarzewice; elle lui apporta une dot de 250 000 zlotys polonais sans compter l'argent (50 000 zlotys) destiné à financer les noces. Après la mort de Szymon elle épousa Franciszek STRZALKOWSKI, bl. Prawdzic.

E) Michal ILINSKI, est-ce lui qui fut staroste dans la voïvodie de Kiev en 1737 ?

F) un enfant qui dut mourir avant d'atteindre l'âge adulte.


(treizième génération)

A) Albin (alias Albert) ILINSKI, mourut jeune en 1785; sans enfants.

B) Hipolit Jozef ILINSKI, baptisé à Nieswierz, mourut en bas âge en 1766.

Janusz Stanislaw Ilinski (1765 - 1792) Deputé de Kiev en 1790 C) Comte Janusz Stanislas ILINSKI, né à Romanow en 1765, châtelain de Romanow, mort le 26 juillet 1792 durant la bataille de Markuszew. Il fut nommé, grâce à la protection de son père, chambellan de sa majesté Stanislas Auguste à partir du 26 janvier 1789. En 1789 il réclama au nom de son père à Blanc (?) le paiement d'une dette s'élevant à 14.000 ducats. Il acheta le 23 décembre 1789 le poste de capitaine de cavalerie du douzième escadron de la cavalerie nationale de la deuxième brigade de Wolyn sous le commandement de Roch Jerlicz. Le 8 juin (ou juillet) 1798 il devint inspecteur général de la cavalerie ; à partir du 14 novembre 1798 il abandonna ses fonctions de capitaine de cavalerie. Il reçut l'Ordre de Saint Stanislas et un an plus tard, le 7 décembre 1790, l'Ordre de l'Aigle Blanc. A partir de 1790, il siégea à la diète quadriennale en tant que député de Kiev et il se prononça en faveur de la constitution du 3 Mai. Il appartint également à l'association des amis de la constitution. Il se prononça plusieurs fois au sujet de l'armée; son avenir paraissait très prometteur ; Il présida la diétine de la voïvodie de Kiev où il persuada la noblesse de soutenir la nouvelle constitution. Durant cette diétine de Jitomir qu'il présidait en 1791, le régiment de fantassins de Malczewski et le régiment de cavalerie de Karwicki lui rendirent les honneurs. Il était accompagné par son frère Jozef, à l'époque chef du régiment portant son nom, élu par la suite député de la voïvodie de Kiev.

Durant la guerre entre la Pologne et la Russie en 1792, il arriva au quartier général du prince Joseph PONIATOWSKI à Kurow au moment de la trêve (25 juillet 1792). L'attaque cosaque contre l'arrière garde polonaise à Markuszow entraîna l'intervention personnelle du prince Poniatowski. Ilinski, avec la cavalerie réunie à la hâte l'accompagna dans l'offensive contre les ravisseurs cosaques. Au cours de la poursuite, il tomba dans un piège tendu par les cosaques et y trouva la mort. Un monument commémorant son courage et le représentant à cheval se trouvait à Romanow. Après sa mort, ce fut son frère Jozef August qui hérita de Romanow.

Josef August Ilinski D) Comte Jozef August ILINSKI, né le 18 août 1766 à Romanow, décédé le 21 février 1844 à Saint Petersbourg, il épousa en 1790 la Comtesse Eleonora-Antonina KOMOROWSKA, bl. Korczak, née en 1770 à Lvov, décédée à Lvov en 1838, dont postérité qui suit. (après leur divorce en 1804 elle épousa le Comte Jakob PAWLOWSKI, bl. Wierzbna)(alias après leur divorce en 1811 elle épousa le général LITWINOW). Elle était la fille de Jakob, staroste de Nowosielsk et Podlisick et de la Comtesse Antonina Brygitta PAWLOWSKA, sœur de Gertruda POTOCKA célèbre par ses malheurs et immortalisée par la toile de Malczewski "Maryja". Il se serait remarié avec une danseuse de son théâtre, Mademoiselle TRICOT (alias la veuve CRAC) à qui il légua à vie Ilince à coté d'Odessa; la fille de la veuve Crac de son premier mariage épousa un russe, Panow. Le Comte Janusz hérita d'Ilince après sa mort. Après avoir reçu le diplôme de l'académie militaire de Vienne, il entra dans l'armée autrichienne, mais il n'y resta que peu de temps. Déjà le 17 septembre 1788 il acheta le poste de chef du dixième régiment de grenadiers de Kamieniec (appelé 11e à partir de 1792) de l'armée de la couronne, en remplacement de J. de WITTE ; c'est dans ce régiment que Jozef CHLOPICKI, plus tard l'un des meilleurs généraux polonais, se battit au grade de porte étendard. En 1789 il fut promu au grade de général commandant et au cours de la même année, le 14 novembre 1789, il fut reçu chevalier de l'ordre de Saint Stanislas. Durant la guerre entre la Pologne et la Russie en 1792 il renonça à prendre le commandement de son régiment alors même que ses soldats participèrent activement au combat. Cette attitude fit l'objet de rapports critiques à son égard envoyés par le prince CZARTORYSKI au Roi. Tout porte à croire qu'il s'allia avec les confédérés de Targovitsa dans le but de se protéger contre la confiscation et le vol de ses propriétés se trouvant dans le rayon d'action militaire. Cette supposition semble d'autant plus plausible qu'après la défaite des polonais et malgré la réduction de son régiment, il fut promu au grade de général lieutenant. Il devint aussi inspecteur général de la cavalerie de la couronne et reçut le 1er mai 1792 l'Ordre de l'Aigle Blanc. Ce fut un homme extraordinaire. Doté d'une grande énergie, il montra beaucoup de clairvoyance dans l'évaluation de la situation dans laquelle se trouvait la Pologne après le deuxième partage. Il critiqua l'attitude boudeuse à l'égard des autorités russes adoptées pars ses compatriotes. Au lieu de rester inactif, il préconisa toutes les actions aboutissant à un rapprochement entre les deux pays puisque "Nec Hercules contra plures", et ce n'était qu'en gagnant la confiance et l'estime du gouvernement russe qu'on pouvait aider les compatriotes emprisonnés et agir dans l'intérêt de la Pologne.

Après le partage de la Pologne, les habitants de Volhynie l'élirent maréchal du gouvernement de Volhynie. En 1793 une délégation des représentants des provinces polonaises annexées à la Russie se rendit à Saint Petersbourg. Wolyn, la régence d'Izaslawskie fut représentée par le prince Antoni JABLONOWSKI, les princes Hieronim et Eustachy SANGUSZKO, le prince Michal LUBOMIRSKI, Michal WALEWSKI et Jozef August ILINSKI qui quitta son foyer sans regret pour faire partie de la délégation. Tout parlait en faveur de cet homme fortuné, remarquablement patient et persévérant. L'impératrice Catherine II les reçut avec magnanimité en leur confiant de hautes fonctions. Ilinski fut nommé chambellan. Douze personnes à tour de rôle détenaient ce poste, lié au grade de général commandant. Une fois rentré chez lui, il fut élu par ses compatriotes maréchal de la noblesse du district de Cudnow dans la régence d'Izaslawy et ensuite maréchal du gouvernement d'Izaslawy sous l'autorité du général Tutolmin, régent d'Izaslawy et ami proche d'Ilinski. Convoqué par l'impératrice, il fut obligé de quitter son pays natal et de faire de Saint Petersbourg sa résidence principale. Il abandonna son poste de maréchal de Volhynie, mais même à Saint Petersbourg, il ne manqua pas d'aider BIERZYNSKI son successeur en profitant de ses multiples relations. Les chambellans de l'impératrice après avoir accompli leur service à la cour se rendaient à Gatczyn où ils devenaient bénévolement serviteurs du Tsarevitch Paul, exilé et poursuivi par les anciens favoris de l'impératrice : Orlow, Mamon et Platon Zobow (Zubow) qui complotaient de l'écarter de la succession. Paul, conscient de ces manœuvres menait une vie triste et misérable puisqu'on refusait même de subvenir à ses besoins. C'est dans ces circonstances qu'il accorda particulièrement à Ilinski ses bonnes grâces. Ils passaient de long moments à discuter ensemble. C'est au cours d'une de ces conversations que le tsarevitch révéla à Ilinski un besoin urgent de régler ses dettes. En apprenant ceci, Ilinski décida d'hypothéquer les diamants de son épouse. La somme ainsi réunie et l'argent qu'il avait de disponible se chiffrèrent à plus d'un million de zlotys. Tout cet argent, il le remit au tsarevitch. Celui-ci attendri, des larmes aux yeux accepta l'aide d'Ilinski en disant : "Je te remercie de tout mon cœur, mon cher ami. C'est l'empereur qui payera la dette de tsarevitch". Ils déjeunaient encore ensemble à Gatczyn la veille de la mort de l'impératrice. C'est à ce moment là que des officiers vinrent en annonçant le très mauvais état de santé de la tsarine. N'ayant jamais été en bonne relation avec sa mère, ni aimé, Paul craignait que les officiers lui apportent un document le désistant de son futur trône. Dans l'incertitude, il envoya Ilinski au palais pour avoir plus d'informations. Le soir ils se rendirent tous les deux à Saint Petersbourg. Le lendemain, le 17 novembre 1796, l'impératrice Catherine II mourut.

Ilinski devança tout le monde, même Zubow, en apprenant la nouvelle au tsarevitch et fit ses hommages au nouveau souverain. L'empereur Paul I° gardant le souvenir des services rendus par Ilinski lui proposa de solliciter une faveur. En réponse Ilinski décida de demander le droit de grâce pour ses compatriotes prisonniers à Saint Petersbourg depuis la bataille de Maciejowice (1794) : Tadée KOSCIUSZKO, Ignace POTOCKI, Julian Ursyn NIEMCEWICZ et beaucoup d'autres... Il n'oublia pas non plus les polonais déportés en Sibérie après l'échec de la confédération de Bar, le général Jozef KOPEC emprisonné au Kamtchatka et d'autres emprisonnés en Russie après 1794. L'empereur fut touché par la générosité d'Ilinski qui n'avait rien demandé pour lui ; il lui accorda cette grâce, en précisant que s'il ne pensait pas à lui même, son souverain penserait à lui. L'année suivante, le 7 août 1797, il fut nommé chambellan de la cour russe avec le grade de général lieutenant ; le 18 octobre 1797, l'empereur le nomma conseiller secret, sénateur, comte de l'empire russe et le 2 novembre 1797 lui offrit la starostie d'Ulanow en Podolie qui comptait 4000 habitants ; il y fit d'ailleurs construire une église en 1804. Il fut nommé chevalier des ordres russes de Saint André, Alexandre Nevski, Saint Wlodzimierz, et Sainte Anne. L'empereur lui offrit une grande part de son patrimoine: des tableaux, des statues en bronze, des mosaïques, des marbres appartenant autrefois à Catherine II et en plus un million de roubles. Avec la venue des chevaliers de Malte, qui désignèrent Paul comme grand maître, Ilinski fut nommé grand bailli et on le décora de la croix de diamant de saint Jean de Jérusalem. Julian Ursyn NIEMCEWICZ, en évoquant dans ses mémoires la question des prisonniers polonais détenus en Russie rendit hommage aux actions d'Ilinski. Pour ce qui était des prisonniers, le tsar décida que la plus grande responsabilité incombait à Ignace POTOCKI, et pour cette raison, il demanda aux polonais de se porter garants de la loyauté de POTOCKI. Tous les polonais présents à Saint Petersbourg refusèrent à l'exception d'Ilinski ; c'est lui qui, sans hésitation, fournit en caution ses biens, sa vie, et sa parole d'honneur. Suite à la visite du Tsar chez Kosciuszko détenu en prison, de nombreux polonais déportés en Sibérie et emprisonnés à Saint Petersbourg retrouvèrent la liberté grâce à l'intervention d'Ilinski auprès du Tsar. Au total vingt mille personnes furent mises en liberté anticipée. Cet amour pour ses compatriotes devint légendaire. Julian Ursyn NIEMCEWICZ et le général KOPEC témoignèrent de leur gratitude à l'égard d'Ilinski en 1823 à Varsovie. Ses relations privilégiées avec le tsar lui facilitèrent d'autres actions dans l'intérêt des polonais. Quand en 1797 l'empereur Paul remplaça les régences par les gouvernements, la noblesse élit le sénateur Ilinski son premier maréchal du gouvernement de Volhynie. Biedrzycki, à nouveau fut son remplaçant. C'est alors qu'il se trouva à l'apogée de sa carrière, sa fortune augmenta sans cesse, il acheta la principauté d'Ogstrogskie au général Fersen, il dépensa de grosses sommes pour la construction et la décoration du palais de Romanow. Il y fit venir les plus beaux meubles, des tableaux de valeur, des marbres. D'après le sénateur Leon DEMBOWSKI, il avait acheté pour son écurie un étalon pur-sang anglais pour 10.000 ducats ; ce cheval mangeait dans une mangeoire en marbre. "Le comte ILINSKI fut nommé inspecteur de nos gouvernements. cette nouvelle nous réjouit. Qui d'autre pouvait mieux renseigner l'empereur sur l'état de ses propriétés en Pologne qu'un grand propriétaire foncier du pays qui était en même temps un confident de Paul".

Jitomir fit un accueil royal à son nouvel inspecteur. Toute la noblesse et les fonctionnaires en grande tenue l'attendaient. Ilinski arriva vêtu de l'uniforme de l'ordre de Malte qu'il aima porter jusqu'a la fin de sa vie. Dans la sonnerie des cloches, deux carrosses apparurent : dans le premier attelé de dix chevaux se trouvait le sénateur et son épouse et dans le deuxième, Gyzycki, son beau frère. Les collaborateurs et assistants formaient un cortège derrière. Au cours de cette visite qui dura deux semaines, Ilinski essaya d'améliorer les choses à l'amiable. Il encouragea ses compatriotes à déposer par écrit des suggestions et des plaintes dénonçant tous les abus qu'il combattait avec acharnement. Grâce à ses relations, les anciennes lois polonaises furent préservées jusqu'en 1842. En quittant Jitomir, il se rendit à Romanow où il invita beaucoup de monde. L'aile droite du palais était encore en travaux, mais ceci n'empêcha pas les festivités durant trois jours, dans l'abondance des plats délicieux servis sur des plats d'argent. Un orchestre et un théâtre animaient la fête. Après la mort de l'empereur Paul, il se rendit rarement à Saint Petersbourg. Le successeur de Paul, Alexandre I lui accorda aussi ses bonnes grâces. En 1811 l'Empereur lui conféra les starosties de Skarzyniec et de Cudynow avec ferme pour une période de cinquante ans. L'oncle d'Ilinski eut l'usufruit de ces propriétés. Le sénateur, après avoir pris un congé à durée illimitée quitta saint Petersbourg pour s'installer à Romanow. Il s'éloigna quelques fois de Romanow pour se rendre à Varsovie et à l'étranger. A Varsovie, la princesse de Lowicz et le grand prince Konstanty avaient beaucoup d'amitié et d'estime pour lui. Ilinski était en possession de plusieurs lettres de la princesse faisant preuve de l'amitié qui les liait. "Mon père je demande votre bénédiction et me recommande à vos prières" c'est ainsi que Joanna GRUDZINSKA terminait presque toutes ses lettres. Le grand prince ajoutait toujours une plaisanterie. A la fin d'une des lettres il écrivit "Dominus vobiscum" se moquant de la bigoterie du sénateur. En 1814, après la victoire sur la France, une délégation des représentants des territoires occupés se rendit à Saint Petersbourg pour rencontrer l'empereur Alexandre. Bartolomiej GIZYCKI, les princes Maksimilian JABLONOWSKI et beaucoup d'autres faisaient partie de cette délégation. Ilinski en fut élu président. Il profita de son séjour à saint Petersbourg pour présenter à Alexandre les plaintes et les revendications des provinces polonaises. L'empereur écouta avec bienveillance et il ordonna au sénateur SIEWIERS d'examiner de près tous les cas particuliers. L'empereur accepta aussi la candidature de Bartolomiej GIZYCKI, récemment nommé général, proposé au poste de maréchal par Ilinski, malgré une forte opposition de la part du général gouverneur KOMBURLEJ. Peu de temps après, Siewiers arriva à Jitomir et en compagnie d'Ilinski procéda à un examen de tous les cas litigieux. Il veilla à ce que tous les fonctionnaires coupables d'un abus soient traduits en justice. Ce fut la dernière présence officielle d'Ilinski à Saint Petersbourg et ses dernières démarches dans l'intérêt de ses compatriotes. La petite ville de Romanow devint au début du XIX° siècle renommée pour ses manifestations culturelles et expositions permanentes de beaux arts.

Après avoir hérité de son frère Janusz des 130.000 arpents de Romanow, d'une importante somme d'argent de son oncle, staroste de Cudnow, et surtout grâce aux cadeaux des empereurs Paul et Alexandre, il fit venir de l'étranger des architectes, des ciseleurs, des ébénistes, des orfèvres, des tailleurs de pierre, des décorateurs pour construire un palais à l'image des résidences royales, ce qui lui coûta dix millions de zlotys. Par respect pour ce site choisi par son père, le sénateur ajouta seulement à l'ancienne construction de base un étage et deux ailes à trois étages en forme de demi-cercles long de 150 coudes. La partie frontale fut entourée de colonnes surmontées de sculptures. En tout, Romanow comptait 125 pièces confortables aménagées avec beaucoup d'élégance. Selon le journal d'Ochocki écrit au début du XIXe, sur un grand canal se trouvait une île couverte de fleurs et de buissons parmi lesquels se dressaient trente statues mythologiques grecques en marbre blanc. L'île était reliée à la rive par bateaux. Une forêt abritait le palais au nord, et un jardin anglais avec des colonnes de marbre, des obélisques, et des décorations diverses l'entourait au sud. Dans ce décor se trouvait une statue de granit de trente coudes de hauteur, semblable à une pyramide : elle fut érigée en hommage au comte Janusz Ilinski, général inspecteur de la cavalerie polonaise mort à Markuczow. Derrière le jardin commençait une réserve où vivaient des chevreuils, des cerfs et des biches parmi des chênes tellement grands que trois hommes pouvaient à peine les entourer. L'entrée du palais s'élevait à la hauteur de deux étages. Les cinq premiers salons qui lui faisaient suite abritaient les plus précieux tableaux des grand maîtres italiens, flamands et français, au nombre de 295. Parmi les plus célèbres se trouvaient : le portrait du prince d'Oranie grandeur nature, peint probablement par Van Dyck, le portrait du pape Pie VI de Battoni, le portrait d'un chevalier, grandeur nature, par Rubens, le portrait de l'orfèvre du célèbre David, "le paysage maritime" de Vernet, un paysage de Poussin, "la bataille de Rome" de Salvatore Rosa, et beaucoup d'autres toiles de taille moins importante, mais très précieuses aussi. Deux grands salons, de 60 aunes de longueur et 20 aunes de largeur, succédaient à ces pièces. Dans le premier salon en mosaïques de couleur pourpre avec des moulures et des stucs dorés au plafond, se trouvaient six glaces d'une taille de 5 aunes, un miroir de bronze pour 200 bougies fait sur commande à Paris (d'un prix de 1500 zlotys) deux tables de malachite, quinze statues mythologiques et quatre statues contemporaines de marbre provenant de la cour du tsar et taillées par les meilleurs sculpteurs. Le deuxième salon en mosaïque verte abritait de nombreuses toiles : "la samaritaine" de Lucas Giordano, "trois roi à la crèche de Jesus" de Bassano, "Charitas" de R. Schidone, "trois parties du monde" de Titien, "Bataille" de Wouwerman, "Saint Bruno" de Lesueur et beaucoup d'autres. Il y avait aussi dans cette pièce quelques meubles et objets décoratifs : quatre petites tables en mosaïque de Provence provenant du petit Trianon, de magnifiques candélabres de bronze d'une hauteur de deux aunes et faits en France, des vases de porcelaine de Sèvres et de splendides fenêtres en un seul carreau de verre de cinq aunes de surface. Dans les deux pièces décrites ci-dessus, le sol était recouvert d'ébène, d'acajou et de bois de citronnier. Le bon état des planchers permettait d'admirer le motif et la précision de la réalisation.

Dans chaque chambre, il y avait au moins cinq ou six miroirs de cinq aunes, des toiles de Dominichin, Robeiro, Spagnoletto, Berghem, Schiavone, de petite tables d'agate, des cheminées décorées par des statues en marbre, des glaces et des candélabres de bronze et des objets en porcelaine de Sèvres. Dans une chambre se trouvait, parait-il, un lit d'acajou de Louis XVI en provenance de Versailles. Le luxe régnait partout. La chambre du sénateur, ornée de tableaux de Rembrandt, Teniers et Potter était au premiers étage. Au dessus, Ilinski fit aménager des chambres d'amis et au dernier étage une salle de promenade pour l'hiver et l'automne, longue de huit aunes et chauffée par huit cheminées. Les origines des objets de valeurs, dont Ochocki ne cite que certains, étaient diverses. Il y avait beaucoup de cadeaux offerts par l'empereur Paul et par le grand prince Constantin. Après la liquidation du palais MIKHAIKOV, Ilinski acheta les beaux meubles s'y trouvant réalisés sur mesure à l'étranger. Après la révolution française et la mort de Louis XVI, les meubles et les objets pillés dans les chateaux de Versailles, du Trianon et de Saint Cloud furent vendus à l'étranger, le plus souvent à Saint Petersbourg. C'est ici que le sénateur acheta pour un prix de 15.000 zlotys un service d'argent appartenant autrefois à la reine Marie-Antoinette. La chapelle mérite une attention particulière ; située dans un salon de 80 aunes de long et 25 de large, elle était remplie de tableaux représentant des scènes de l'ancien et du nouveau testament. L'autel abritait un énorme miroir de 10 aunes qui coûta 80.000 roubles. Un autre miroir de bronze se trouvait au plafond. Les nombreux vêtements religieux qu'Ilinski possédait étaient souvent plus somptueux que ceux que l'on voyait dans les cathédrales ; Ilinski commandait ces tenues vestimentaires à Lyon. Les objets liturgiques tels qu'un encensoir d'or garni de diamants, représentaient aussi une grande valeur. Un chanoine, le père Deszczynski, orateur réputé, et trois prêtres habitaient dans le voisinage de la chapelle, où se trouvait aussi un passage menant aux appartements privés du sénateur par la bibliothèque, riche de 4000 volumes. On y retrouvait des oeuvres classiques françaises, allemandes et polonaises, reliées avec beaucoup de soins et placées sur des étagères d'acajou. Ilinski compléta l'orchestre fondé par son père par des virtuoses tels que les violonistes Lenzy, Gerke, Dobrzynski, le clarinettiste Nuder, le violoncelliste Cerwentha, le flûtiste Bajer, et beaucoup d'autres. Le sénateur possédait également un opéra italien composé de chanteurs venus de saint Petersbourg : Monsieur et Madame Zamboni, Nercini, et la belle demoiselle Romani, première cantatrice de l'opéra en 1817, formée dans un conservatoire parisien au frais d'Ilinski, étaient parmi les plus célèbres. Le ballet de Romanow, formé de danseurs italiens, allemands et français avait aussi ses étoiles : Mantovani et Wandenberg. L'opéra allemand était formé du père et du fils Zehikietanz, de monsieur et madame Teydler, monsieur Kettner et sa fille, monsieur et madame Hotman qu'il fit venir de Hongrie. Les costumes des artistes étaient commandés à Vienne et faits sur mesure. Tous les artistes, chanteurs d'opéra et danseurs de ballet, au nombre de 120, avaient à leur disposition un immeuble construit sur les ordres d'Ilinski. Il s'occupa avec beaucoup de dévouement de la jeunesse. Il organisa pour celle ci des piques-niques auquel il participa avec sa famille et fréquenta des conférences. Il offrit également des cadeaux de grande valeur aux meilleurs élèves, ce dont témoigne STRUTYNSKI dans son journal "Dwie babki".

Avec l'accord le l'empereur Alexandre I, il fit construire en 1803 un édifice de trois étages abritant un établissement de soins pour les sourds-muets où les enfants des paysans des villages voisins apprenaient à lire, à écrire, à peindre et suivaient le catéchisme. Sur ses ordres on construisit une usine de tissus de 120 ateliers équipés de machines importées d'Angleterre, dans un immeuble à étages long de 1000 pieds. Un haras de juments anglaises et un moulin à vapeur comptèrent parmi les curiosités de Romanow. Toutes ces institutions ont été supprimées par les autorités russes et, à présent, seules les ruines rappellent le glorieux passé de la ville et de son créateur. A Romanow, Ilinski fonda en 1808 à grand frais un monastère de jésuites. L'arrivée des jésuites et leur école anima davantage Romanow ; Il confia à la compagnie de Jésus le système scolaire élémentaire, et à la fin de 1817, le lycée de Romanow. Une église devait leur être construite, et l'évêque du diocèse de Jitomir, monseigneur Cieciszewski (et Lucko Ciszewki ?) vint à Romanow le 1er août 1819 pour bénir l'endroit où elle allait être construite ; quand, en 1820, les jésuites furent expulsés de Russie. Après leur départ de Romanow les visitandines qu'il fit venir occupèrent cet immeuble. Un monastère fut construit pour les religieuses et une église entièrement équipée à l'intérieur. Malheureusement peu de temps après les visitandines quittèrent Romanow pour des raisons indépendantes d'Ilinski. Celui-ci, catholique et patriote fervent, dans sa lettre du 4 mars 1816 adressée à l'empereur Alexandre I, le mit en garde contre les dangers pour l'église catholique romaine que représentaient les intentions de l'évêque métropolite Siestrzencewicz qui projetait de rompre avec l'autorité du pape et de devenir patriarche catholique de Russie. En vieillissant, il perdait la mémoire et devenait de plus en plus excentrique. La reconnaissance de ses compatriotes disparaissait peu à peu. Si on l'évoquait c'était seulement pour tourner en ridicule ses faiblesses qui auraient pu être pardonnées à un homme d'un tel mérite. "Quel mal y-a-t-il à mener une grande vie, porter ses décoration tous les jours, recevoir du monde, assister quotidiennement à la messe et communier le dimanche dans le bruit des canons qui annoncent cet événement, comme le faisait Ilinski?" "Qu'importe qu'il soit excentrique, beaucoup d'autres le seraient s'ils avaient sa fortune, ses décorations et ses raisons d'impressionner le monde".

Julius STRATYNSKI qui séjourna plusieurs fois à Romanow fournit des détails très intéressants sur la vie d'Ilinski. Selon Stratynski, Ilinski était divisé entre deux sentiments contradictoires : bigot à la fin de sa vie, manifestant sans cesse sa dévotion, saluant des peintures pieuses, se confessant très fréquemment, il ne pouvait pas pour autant renoncer à la grande vie et à ses habits élégants. La vie qu'il menait au quotidien et ses prédilections ne correspondaient pas à la simplicité et à l'humilité d'une âme religieuse. Au fil des années la dissonance entre ses principes et son caractère s'accentua d'avantage. En 1841, durant son séjour à Rome, le Pape, impressionné par sa personnalité lui accorda le privilège de recevoir les saints sacrements sans confession, si sa conscience le permettait. Ses fils et son épouse essayèrent de le convaincre de ne pas utiliser ce privilège pour ne pas offenser Dieu, d'autant plus qu'il y avait une chapelle à Romanow, en vain. Ilinski fit même construire dans sa chambre une sorte de petit autel. Tous les matins à son réveil, un prêtre et un valet de chambre entraient et la cérémonie suivante se déroulait : le prêtre administrait à Ilinski les sacrements et après ce repas spirituel, le valet de chambre s'approchait et lui servait son repas charnel. Il ne faut pas oublier qu'il dormait dans une belle lingerie de batiste, avec des dentelles autour du cou et le ruban de Saint Wlodzimierz en bandoulière. A un âge avancé, il perdit l'usage de ses jambes et maigrit énormément. Il devint aussi très frileux à cause de sa mauvaise circulation sanguine. Pour lutter contre ceci, il portait plusieurs épaisseurs de vêtements. Malgré ces défauts, le sénateur resta dans la mémoire de ses contemporains comme quelqu'un de généreux et bienfaisant. Il mourut à Saint Petersbourg en 1844 en approchant l'âge de 80 ans, dans de tristes circonstances. Il souhaita être enterré à l'église catholique tsaro-polonaise à coté de la princesse de LOWICZ. Les lettres découvertes après sa mort portent à croire qu'ils avaient eu une liaison.

E) Comtesse Ludwika ILINSKA, que l'on disait très orgueilleuse, épousa Bartolomiej GIZYCKI, bl. gozdawa, général dans l'armée russe et maréchal de Volhynie.

F) Comtesse Anna Marya ILINSKA, epousa en 1786, contre le gré de sa famille, Franciszek ZABIERZOWSKI, bl. Ostoja, chambellan du Roi Stanislas Auguste. il mourut le 27 octobre 1813, et elle se remaria avec le Baron Franciszek Ksawery BRUCKMAN. Les propriétés de Woloszcza, Terszakow, Majnicz, Zady, Monasterce, Mostow avec Dniestrzyk et Swintusza dans le district de Sambor constituèrent sa dot.

G) Comtesse Antonina (alias Apolonia Konstancja) ILINSKA, propriétaire de Cebrowna, épousa Michal GARAPICH (alias GRAPICHA) de Sichelburg, de son propre blason, demeurant en galicie, avocat à Lwow.


(quatorzième génération)

Comte Janusz d'Ilinski (compositeur) A) Comte Janusz Jan August ILINSKI, né en 1785 à Romanow, décédé le 23 octobre 1860 à Brody. Propriétaire de Tajkury, Iliniec, Oktawin, Kopytkow, Cudynowce, copropriétaire de Jezierny en Galicie et d'une partie d'Ostrog (la deuxième partie appartenait aux princes Jablonowski), il fut élevé par des précepteurs étrangers, officier des Uhlans russes, sénateur russe, conseiller honoraire secret de l'empereur Russe en 1816, kamerjunker, chambellan, conseiller d'état en 1808, maréchal de la noblesse de Volhynie (1838-1841), inspecteur honoraire du lycée de Kiev en 1853, et chevalier de Malte. En tant que président de l'assemblée noble de Jitomir, il couvre les insolences de celle-ci face au désir de réduction de la noblesse polonaise par le pouvoir russe. Il épousa Oktavia MORAWSKA, bl. Dabrowa. dont postérité qui suit. A Paris il écrivit et publia quelques ouvrages de poésie en langue française : "les rèves d'armes", "les brises d'automne"(Paris 1850), et des romans "Elmire" (Paris 1833) ; la meilleure de ses oeuvres fut le roman sur la libération de la Grèce "la solitaire de colonna"(Paris 1835).

Il s'intéressa aussi à la musique. Il étudia la composition chez Kauer et Salieri à Vienne. Il connaissait Beethoven, apprenait la composition à Vienne chez Kauer et chez Salieri. Il écrivit des chants en français, des concerts, des psaumes, des ouvertures, des symphonies, des fugues, des marches, des romances pour piano et d'autres instruments. Il composa aussi quelques oeuvres religieuses : des messes dont une qui fut interprétée à Vienne en 1826, "requiem", "stabat mater", des psaumes, des ouvertures, des symphonies. Cependant ses oeuvres n'étaient pas très connues en Pologne. Après la mort de son père il hérita d'un orchestre, mais il ne fut pas en mesure de subvenir aux frais de son entretien.

B) Comte Henryk ILINSKI, né en 1792, décédé le 23 janvier 1871, propriétaire de Romanow, Jezierza, Gielczyce et d'autres propriété en galicie. En 1849, il fait partie des 200 familles d'Ukraine possédant plus de 1000 serfs : d'après un mémoire secret envoyé au Tsar, il en possédait 3111. Avide de savoir et de connaissance, il parcourut plusieurs fois l'Europe, l'Allemagne, l'Italie, la France, l'Angleterre, l'Autriche et la Hongrie et il profita de ses voyages pour compléter la collection d'oeuvres d'art de son père. Le 30 septembre 1816 on le nomma chambellan de la cour russe, deux ans plus tard il fut élu par ses compatriotes maréchal du gouvernement de Volhynie ; il détint ce poste pendant trois ans. Avec son épouse ils habitaient l'aile gauche, à trois étages, de Romanow. Son appartement était composé de 18 pièces aussi magnifiques que celles où demeurait son père. On y trouvait des portes d'acajou, des objets de bronze et de porcelaine, des tableaux de L. Carrache, Van Dyck, Rembrandt, G. Notcher, Wouwerman, Gonzales, Glauber, Pollembourg et Orlowski. Il faut citer également 12 cartons remplis de gravures et de dessins, un laboratoire de physique, un grande collection de minéraux et une précieuse collection numismatique. Au début, une collection d'armes anciennes de grande valeur se trouvait à Romanow, ensuite ce qu'il en restait fut regroupé pour former deux trophées différents : l'un constitué d'armes de chasse, et l'autre des armes anciennes et orientales. On y trouvait une armure portant une date très ancienne appartenant à un membre de la famille Ilinski, et une cuirasse garnie de plaques d'argent couverte d'inscriptions turques. Une très belle salle de bains toute en marbre, une salle à manger avec des portraits des Ilinski peints par Grass, Lampi et Pitschman, meublée de crédences contenant les plus belles argenteries et vaisselles de porcelaines attiraient l'attention.

Il epousa Michalina BIERZYNSKA, bl. jastrzebiec, née en 1794, décédée en 1858, fille d'Adam staroste de Szanety, brigadier dans l'armée de la couronne, et de Thérèsa WALESKA, fille d'un voïvode, dont une fille unique.

Comtesse Jadwiga ILINSKA, epousa en 1846 Henryk STECKI, bl. Radwan, fils de Ludwig et de Julia CZACKA, bl. swinska et petit fils de Jozef STECKI, porte étendard dans l'armée de la couronne. Elle lui apporta en dot Romanow. C'était un archéologue et numismate connu, possédant une des plus grandes collections de medailles et de monnaies anciennes de Pologne. Dont :

Henryk STECKI, épousa une cousine Henryka KURZENIECKA, bl. bogorya, fille de Gustaw et d'Oktavia Ilinska, ce fut lui qui, en 1879, vendit une grande partie de la propriété de Romanow. Ils n'eurent qu'une fille qui épousa le Comte ZAMOYSKI.

Jadwiga STECKA, née en 1848, décédée en 1933, épousa le 8 août 1876 le Prince Stanislas Maria Ferdynand JABLONOWSKI, bl. Prus III, dont postérité.


(quinzième génération)

A) Comte Aleksander August ILINSKI, fils supposé du Comte ESTERHAZY, élevé dans le corps des pages, nommé peu de temps après "fligel-adjutant" et colonel de l'armée russe, propriétaire d'Oktawin et Taykury en Volhynie, ainsi que de Mylsk. Il vendit Tajkury. Il se rendit tristement célèbre par ses pillages à Wolyn en 1863 où il se trouva par hasard et où il fit partie d'une bande de paysans saccageant des propriétés. Il epousa en 1863 (alias en 1862 Franciszka Karolyna) Eugenia KASZOWSKA (KASZEWSKI) bl. janina, née en 1844, fille d'Adolf, propriétaire de Kurasz et Rosnow en Volhynie et de Telatycze près de Lublin, officier dans l'armée polonaise en 1831, et de Maria ROMANOWSKA, bl. Bozym. Mais leur mariage ne dura pas longtemps car il renvoya la jeune femme chez ses parents et demanda le divorce "ex non consumato matrimonio". Elle se remaria en secondes noces avec le Prince DRUCKI-LUBECKI. En tant que novice il entra dans un couvent franciscain à cause de la répugnance qu'il éprouvait à l'égard des femmes. Il n'y resta pas très longtemps ; il se retrouva ensuite dans un séminaire de Jitomir où il représenta une menace permanente pour ses supérieurs. Il changea encore une fois pour se retrouver dans un séminaire de Wilno où en compagnie de Zylinski, Synczukowski et de beaucoup d'autres il montra de quoi il était capable. Cela ne dura pas très longtemps car il finit par abandonner le clergé.

B) Comtesse Leonia Maria Eleonora ILINSKA, l'aînée, décédée en 1917, épousa en 1859 Adolf KASZOWSKI, bl. Janina, le père de sa belle sœur, propriétaire de Kirasz en Volhynie, Rosnow, Telatyn dans la région de Lublin, décédé le 17 février 1883. Il fut lieutenant dans l'armée polonaise en 1831. elle fut sa deuxième femme et résidait à Varsovie. dont :

Alexander Maksymilian KASZOWSKI, comte KASZOWSKI-ILINSKI, né à Kurasz en 1869, décédé à Wilno le 30 mai 1939, chasseur, peu travailleur, il se faisait héberger chez des amis. Il épousa en premières noces à Varsovie le 15 juillet 1899 la Comtesse Olga BROEL-PLATER (1877-1925), fille de Konstanty et de Zofia GRABOWSKA, bl. Oksza ; ils restèrent 20 ans sans enfants puis ils eurent une fille Marie qui suit. Il épousa en secondes noces à Wilno le 28 février 1928 une cousine de sa femme la Comtesse Idalia BROEL-PLATER, née à Abramowsk le 19 mars 1889, décédée à Cracovie le 8 avril 1977, fille de Wilhelm et de Alicia SOLTAN, bl. Syrokomla.



BRANCHE DE KOSTENIEC

(Quinzième génération)

1) Jan ILINSKI, mort sans postérité

2) Mikolaj ILINSKI, mort sans postérité

3) Ignacy ILINSKI, décédé en 1873, propriétaire de Chrabuzna, officier de l'armée polonaise en 1830, épousa Kamilia JASTREBSKA, bl. Slepowron, née en 1826, fille de ........ Dont :

(seizième génération)

Dymitr ILINSKI, né en 1850, propriétaire de Kosteniec (environ 4000 Ha) et de Swinna en Volhynie, épousa Ludwika BURCZAK-ABRAMOWICZ, bl. Lubicz, fille de Stanislaw (1817-1877) porte étendard dans le district de Zaslawy et de Paulina SUDYMONTOWICZ-CZECZEL, bl. Jelita. dont :

(dix septième génération)

A) Marya Albina ILINSKA, née le 1er mars 1880, épousa N.... MEZER puis le Comte BIELINSKI. Elle n'eut pas d'enfants. Ils résidaient en Volhynie, à Swinna ?

B) Wlodzimierz Ignacy ILINSKI, né le 2 décembre 1885 à Kosténiec, châtelain de Kosteniec, propriétaire terrien après ses études d'agronomie, mort à Varsovie le 20 août 1943 à 57 ans.

En 1919, les bolcheviks prennent le contrôle de la région. Kazanski, régisseur du domaine de Zabacza et Kosteniec, fut fait prisonnier par les bolcheviques avec quatre autres polonais, dont une femme et un enfant, lors du soulèvement de Hrycow. Ils furent horriblement torturés, de la façon la plus affreuse et la plus impitoyable : on leur arracha la peau morceau par morceau. Ils furent ensuite traînés sur la neige, leurs moignons ensanglantés, sans doigts, ni talon. On leur coupa à la hache les extrémités des pieds et des mains, au fur et à mesure. leur malheureux cadavres ressemblaient à d'informes troncs ensanglantés. Ils furent abandonnés dans la forêt, aux environ de Szkarafki ; les familles ne retrouvèrent les corps que quelques jours plus tard.

Ils furent obligés de fuir extrêmement précipitamment, ne partant qu'avec les aînés (Bogdan et Olgierd), abandonnant tout, même le petit Marek, qu'ils laissèrent sous la protection de sa dévouée et fidèle nourrice. Ce dernier ne put rejoindre ses parents que plusieurs années après. Certains propriétaires terriens étaient restés et se cachaient dans les villes, se déguisant en paysans, évitant de sortir dans la rue, ce qui ne leur évitait pas les nombreux contrôles, arrestations...Même le petit Marek fut plusieurs fois le "grain de sel" dans l'œil des autorités bolcheviques. Malgré son déguisement, ses écharpes épaisses et grises, le teint transparent et délicat et les grands yeux de biche du malheureux petit trahissaient ses bonnes origines nobles. - "Mais c'est un ILINSKI" disaient avec mépris les dirigeants bolcheviques quand ils le croisaient en promenade. - "Mais non, c'est faux ; il est à moi" répondait la nourrice affolée en retournant vite à la maison. Ces remarques étant accompagnées de menaces, la nourrice n'osait plus sortir. L'enfant était enfermé dans une chambre humide ; privé d'air et de sortie, il dépérissait à vue d'œil. Les jours passaient lentement, sans nouvelles du monde extérieur....

Les livres "privés" provenant des domaines furent confisqués et réquisitionnés pour la lecture exclusive des bolcheviques dans les bibliothèques et foyers communistes. On ne pouvait garder aucun livres ; de magnifiques livres de grande valeur, qui représentaient de précieux souvenirs furent enlevés en énormes quantité. La bibliothèque, remplie de livres et de meubles très anciens en acajou appartenant aux Dorozynski et Ilinski, servait de lieu de rendez-vous galants aux couples bolcheviques. Pendant ce temps, les livres inutilisés, poussiéreux, pleins de moisissures, pourrissaient faute d'entretien.

Ils se réfugièrent à Varsovie où ils purent être aidés par de la famille du coté Hulewicz. Wlodzimierz ne trouva qu'un emploi dans une maison d'édition de Varsovie où il travailla durement.

Il avait épousé Stanislawa HULEWICZ, bl. Nowina, née le 2 juin 1885, décédée à Paris 13° le 15 février 1976 dans une maison de retraite polonaise, fille de Leon et de Héléna KACZKOWSKA dont postérité qui suit.

(dix huitième génération)

A) Bogdan Jozef maria ILINSKI, né le 3 décembre 1912 à Kosteniec (Volhynie), mort à son domicile 25 rue Michel SALLES à Saint Cloud (92 France) le 11 avril 1983. En 1919, alors qu'il avait 7 ans, sa famille perd tout ses biens ; ils durent fuir en traîneau sans rien pouvoir emporter devant (l'avance) les périls dont les menaçaient les bolcheviks. Sa famille s'installe alors à Varsovie chez sa tante Antonina Hulewicz qui était fortunée ayant épousé un grand cardiologue : le professeur Semerau-Siemianowski. Il y fit ses études secondaires à Mazowiecka jusqu'au baccalauréat en 1931. Il réussit ensuite le concours d'entrée au département architecture de l'école polytechnique de Varsovie avec la mention excellente; il y suit ses cours jusqu'en 1941, date à laquelle il est diplômé ingénieur architecte. Cependant en 1934 il rentre à l'école des officiers de réserve d'artillerie où il devient lieutenant de la première division d'artillerie à cheval à Varsovie.

La guerre éclate; il fait la campagne de 1939 et il est fait prisonnier par les allemands pendant un mois à Cracovie ; il réussit à se faire libérer par un grand peintre, connu à l'époque, Wojciech KOSSAK, ayant fait à cette époque les portraits des familles impériales allemandes et autrichiennes. Il retourne ensuite à Varsovie où il continue ses études et travaille pour subvenir aux besoins de sa famille, en particulier il réalise des dessins publicitaires ; c'est à ce moment qu'il rencontre sa première femme, Hélèna BOHUSZ, (bl. odyniec) fille de Stanislas, qu'il épousa en janvier 1944. Il est ensuite membre de la résistance polonaise (A.K.?) et prend part au soulèvement de Varsovie en août et septembre 1944 et il est déporté aux travaux forcés à Stein-an-der-Donau (Autriche). Il travaillait chez des fermiers, puis habita à Vienne à l'hôtel Astoria. Le premier mars 1945 il put s'évader grâce à l'aide de son cousin Janusz ILINSKI qui était colonel allié pour s'occuper des prisonniers de guerre libéré par les américains et les anglais; ce cousin lui donna une voiture avec chauffeur pour partir vers la France avec sa mère, sa belle mère, sa femme et son fils; à la frontière il se fit saluer car il s'était habillé d'un uniforme avec une étoile, ce qui correspond au grade de colonel aux Etats-Unis. Ils furent libérés en Bavière par les américains en mai 1945. Il entre en France en 1946 où il arrive à Paris, et devant les difficultés de la vie il part à Nice avec sa famille où il réalise des affiches publicitaires et de cinéma; il revient à Paris en 1947 où il exerce sa profession d'architecte à Paris dans un cabinet. Puis il rentre au cabinet Ginsberg et en 1962 il est inscrit au tableau de l'ordre des architectes par décision du conseil supérieur. Il épousa secondes noces le 18 juillet 1953 Zofia KORZYBSKA, bl. Habdank, née à Varsovie le 18 décembre 1920, fille de Jan, propriétaire de Wilczyska, et de Celina CHWALIBOGOWA, bl. Strzemie, dont postérité.

B) Olgierd ILINSKI, pilote de chasse à Londres, abattu par un avion de chasse allemand à Caudebec en Caux en 1943,

C) Marek ILINSKI, Officier de marine, tué lors du soulèvement de Varsovie en 1944.

D) Renata ILINSKI, décédée à l'âge de 2 ans



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